1972-2002 : L'Institut d'Urbanisme de Paris à Créteil
En 1972, l'Institut, devenu UER de troisième cycle, est rattaché à l'Université de Paris-XII-Créteil consacrée à l'étude "de l'environnement sous tous ses aspects". Malgré d'indéniables pertes, une partie des archives administratives, du fonds documentaire ancien, le service cartographique et photographique sont transférés sur le nouveau site, par ailleurs emblématique de la politique urbaine menée en région parisienne dans le cadre du Schéma Directeur. Le premier directeur de l'IUP à Créteil (René Houin, de 1972 à 1976) est enseignant en médecine. L'ingénieur des Ponts Gabriel Dupuy (1976-80), le géographe Claude Chaline (80-84), Husser (84-85), Pierre Mazzolini (ingénieur des Ponts, 1985-90), Marcel Roncayolo (géographe-historien, 1990-95), Jean Bouinot (géographe et gestion, 1995-97), Laurent Davezies (économiste, 1997-2001), Jean-Claude Driant (géographe, 2001-06), Georges Knaebel (sociologue, depuis mars 2006) sont les directeurs successifs de l'IUP, à Créteil. Les orientations pédagogiques et scientifiques des années 70 sont d'abord un renforcement des disciplines et des savoirs "techniques" de l'urbanisme (droit, génie urbain, transports...), ce qui contribue sans doute à ce moment à nourrir une image "technocratique" de l'Institut, qui le singularise des autres lieux d'enseignement de l'urbanisme apparus depuis 1968 (département d'urbanisme de l'Université de Vincennes, devenu depuis Institut Français d'Urbanisme, cycle supérieur d'aménagement et d'urbanisme de l'Institut d'Etudes Politiques, Institut d'Urbanisme de Grenoble ou Institut d'Aménagement Régional d'Aix-en-Provence...). A ces disciplines s'ajoutent l'économie urbaine et foncière, les finances locales et la gestion urbaine. Parmi les sciences humaines, si la géographie est présente dès le début; l'anthropologie et surtout la sociologie vont s'affirmer rapidement, suivies par d'autres disciplines (démographie, histoire...). Le nombre important de postes (23) par rapport aux autres structures d'enseignement en urbanisme et aménagement, mais aussi la politique de recrutement des étudiants et enseignants ainsi que la diversité des structures de recherche, permettent à l'IUP de couvrir la plupart des disciplines constitutives de l'urbanisme. Des liens importants avec les milieux professionnels (ville de Créteil, Villes Nouvelles, IAURIF, bureaux d'études publics...), l'initiative de certains enseignants et le recrutement d'architectes permettent de greffer sur cette structure universitaire des activités pratiques de type "atelier". Une conséquence du rattachement universitaire est le développement d'une activité de recherche importante, un temps structurée de façon unitaire et à partir de contrats, puis dans différent équipes de recherche (le LEDALOR, LRVTM, L'OEIL, le CREPPE, le CRETUES, Vie Urbaine-LOUEST, le CRETEIL). La spécificité de la discipline enseignée (l'urbanisme), ainsi que les recrutements d'enseignants dans les années 70 en provenance du BETURE expliquent le caractère original de cette activité de recherche au sein de l'Université et dans des domaines proches des sciences humaines. La recherche-étude pratiquée à l'Institut entend répondre à la fois à la demande sociale et institutionnelle et aux orientations de la recherche urbaine, à l'interface de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée.
Le DIUP, diplôme historique de l'Institut mais non reconnu nationalement, existe jusqu'en 1992. On peut dire que le DESS Urbanisme et Gestion des Villes prend alors sa suite, avec ses trois domaines d'approfondissements (développement local, logement-habitat devenu habitat et politiques urbaines, et composition urbaine devenu maîtrise urbaine), configurés dès 1988 comme deuxième année de l'ancien diplôme. Mais par ailleurs, la DIUP intègre aussi depuis ses origines jusqu'à la rupture de 1968 une dimension "recherche" -ou du moins "étude"- pratiquée en deuxième année et concrétisée par la soutenance d'une "thèse d'urbanisme". Avec la mise en place du dispositif DEA-doctorat (1975), la filière "recherche" se sépare progressivement de la filière "professionnelle", à laquelle va s'identifier progressivement le DIUP, comportant stages et ateliers. En 1985, le DEA transport est créé. Au DEA généraliste Politiques Urbaines, Aménagement et Gestion de l'Espace succède en 1996 le DEA "L'urbanisme et ses territoires", dont les trois options ("Stratégies Territoriales en Europe", "Systèmes d'habitat" et "La ville vulnérable" devenue "Recomposition des savoirs et des pratiques") rappellent les trois "domaines d'approfondissement" du DESS, c'est-à-dire trois sensibilités pédagogiques et scientifiques caractéristiques de cette "maison" dans les années 80 et 90. La très ancienne tradition de formation continue, portée pendant plusieurs années par le CEFRAL, est relayée pas le Diplôme Universitaire Insertion par l'Economique et Développement Territorial, et par un DESS Maîtrise d'ouvrage des projets urbains. Enfin un DESS Programmation, organisé en partenariat avec l'Ecole d'architecture Paris-Val de Seine, est ouvert en 2001.
Au moment de la réforme LMD (Licence, Master, Doctorat), l'ensemble de ces formations sont regroupées dans la mention Urbanisme d'un master Urbanisme et territoires, comportant aussi la mention Cités et mobilités ainsi que Géographie et Géomarketing. Cette mention comporte de nombreux « parcours », ayant vocation à se regrouper en deux « spécialités » (l'une orientée vers le projet et l'espace, l'autre vers les politiques publiques et les territoires).
Avec 450 étudiants inscrits dans ses différents diplômes, cet institut est aujourd'hui le plus important centre de formation de troisième cycle à l'urbanisme et France. Selon la politique engagée par Paris 12 Val-de-Marne, c'est à l'Université Paris Est que sera bientôt rattaché cet ensemble.
Enfin, après 28 années de présence au Centre multidisciplinaire de l'Université de Paris XII, et un court passage (2000-05) dans l'immeuble La Pyramide, situé toujours sur l'avenue du Général De Gaulle à Créteil, cet Institut s'installe en 2005, et pour la première fois de son histoire, dans un bâtiment dédié, construit par l'Université sur le campus du Mail des Mèches, à proximité du métro Créteil-Université. C'est ici qu'il poursuit sa mission entamée il y a bientôt un siècle dans le centre de Paris.
(Histoire de l'IUP - Eléments chronologiques, par Laurent COUDROY de LILLE, 1997, révisé en 2002)